(Un)Fairground

Hello !

Comment allez-vous ?

Cela fait un bout de temps maintenant que je n’ai plus posté par ici. À mon grand regret.
J’avoue que cette absence à dans un premier temps été volontaire, je me la suis un peu infligée par soucis de prioriser mon mémoire (Ô joies étudiantes !).
J’ai déjà eu quelques passages à vide, vous le savez et vous avez pris l’habitude, je pense, de constater que quand j’étais absente, c’est que quelque chose se passait… Du simple “pas le temps” au plus compliqué “la vie”.
Écrire m’entretient cependant de bien des manières et je trouve dans ces petits moments, ou je tape des doigts sur mon clavier, une sensation complètement salvatrice qui remet un peu d’ordre dans mes idées, qui m’aide à nourrir mon esprit de bonnes énergies, à prendre du recul pour mieux appréhender un panorama des possibles.

Même si je le savais déjà, même si j’avais déjà vécu par le passé des épisodes assez sombres, je me suis rendue compte ces dernières semaines – dans un certain sens – qu’avant, j’avais énormément de chance, que je n’avais pas ENCORE vécu le pire. Et en même temps on serait en droit se de demander comment est-ce que cela pourrait être le cas à 23 ans… Et puis un beau jour, alors qu’on pensait avoir le temps, alors qu’on se disait que certaines choses n’étaient juste pas à penser, pas encore d’actualité, qu’on pouvait encore profiter… et bien un simple coup de téléphone vous met une claque semblable à un haut voltage et vous dit “eh non, c’est maintenant ma grande”.
Il y a quelques mois de cela je n’aurais pas eu les épaules, le “bon” regard sur le monde ou simple recul sur moi, pour encaisser la perte de la personne la plus importante à mon coeur et à ma vie… Et cela peut paraitre fou, mais je me suis surprise à pouvoir le faire, à constater que j’avais ce qu’il fallait pour rester solide et faire face.
Et en “rétro-pédalant” j’ai fait un constat tout aussi dingue. Celui de me dire qu’à quelques mois, à une année près, je ne l’aurait pas supporté. Et on se rend compte. Tout peut changer. Plus ou moins vite, dans le bon comme dans le mauvais sens… J’ai déjà expérimenté les deux : être profondément triste, sans raison (ou tout du moins des broutilles) et quand même lutter pour s’en sortir ; et être profondément triste face à un évènement, mais remercier le ciel de tout un tas de choses, être malgré tout heureuse et juste faire au mieux, s’habituer à un changement majeur et transformer les évènements malheureux en roc… et par la force des choses, l’espoir d’une nouvelle base, encore plus solide que celle déjà en construction puisque forgée et façonnée pour résister à la vie… et à son extrême opposé.

Je m’affole parfois à penser des “et si”… Ils ne changeront plus rien maintenant mais ils auraient pu changer tellement si ce à quoi je fais face aujourd’hui s’était produit plus tôt, à un moment ou j’étais juste plus fragile, à un moment ou je ne me posais pas encore forcement les bonnes questions, ou je n’envisageais pas les choses sous l’angle – à défaut d’être le meilleur – le plus sain.
La pensée est égoïste, mais elle se base sur une reconnaissance tellement immense.
Une reconnaissance, à cet être merveilleux de m’avoir tout donné jusqu’à son dernier souffle, d’avoir veillé sur moi jusqu’au dernier moment, impromptu, brutal. J’ai ce sentiment étrange qu’il savait que c’était ok, qu’il pouvait me laisser, que je tiendrais le choc, qu’il m’avait donné tous les outils pour continuer sans trop flancher.

Vous savez que j’aime illustrer mes billets d’humeur… Aussi, il y a quelques mois je shootais les photos qui suivent avec dans l’idée de les poster sous le nom de “Fairground”, traduisez “Fête foraine”… Original aux vues du lieu n’est-ce pas ? 😉
Un titre que j’ai quelques peu modulé. “Unfair ground”… un terrain de jeu injuste, parce que parfois c’est ce à quoi on pourrait comparer ce grand manège à sensation qu’est la vie.
Tellement de fois j’ai eu ce sentiment qu’on me faisait vivre des choses “pas cool”, “injustes” ; tellement de fois je lui disais “Pourquoi ça me tombe dessus ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Quand est-ce que ça s’arrête ?” et tellement de fois il me répondait, conscient de la tristesse qui me triturait l’âme, et la vivant sûrement tout autant que moi “Ça passera ma fille, ce n’est pas grave, c’est juste la vie, tu ne peux pas lutter, juste essayer de t’adapter et le faire en relativisant, en sachant que ce n’est que passager”.
Et quand quelqu’un qui a vécu le pire est capable de vous affirmer cela, vous n’avez dans votre seul intérêt que de l’écouter, de vous en inspirer. Tout du moins c’est ce que j’ai fait. Quand en regardant dans les rétroviseurs je vois quelqu’un qui regrettais les choses de façon un peu amère, aujourd’hui, face au miroir, j’observe quelqu’un – le regard certes embrumé de larmes – qui n’a d’autre mot à la bouche que “Merci”.
Vous constaterez donc que les clichés qui suivent sont très colorés, vifs, heureux. Et malgré les circonstances, c’est tout ce à quoi j’aspire, ce que je veux communiquer, la façon dont je tente de faire face, en n’oubliant pas de chérir chaque petit instant, de sourire et de rire à chaque petit bonheur qui ponctue ce chemin un peu chaotique de la vie, comme il m’a appris à le faire.

À mon Papa, mon Papou que j’aime pour toujours et à jamais… Je te l’ai déjà dit lors de mon dernier adieu mais je ne cesse de le penser : tu m’as élevée, dans tous les sens du terme. Merci. Je t’aime.

Crédits photo :

Vincent, alias @tou_tounn

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3 Commentaires

  1. Jesuisunemademoiselle
    2 mai 2018 / 12:34

    Parfois la vie nous malmène, nous enseigne, nous résonne, nous foudroie. J’admire la force dont tu fais preuve. A l’amour sous toutes ses formes. ♥️

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